Arcelor-Mittal et Arcelor, premiers éléments d’appréciations sur la fusion.
L ‘OPA hostile de Mittal sur Arcelor a été la grande affaire boursière de l’année 2006. Le management de Mittal et celui d’Arcelor se sont affrontés autours d’idées simples, il est nécessaires de les rappeler. Du côté d’Arcelor on affirmait que le profil donné à la société depuis sa création sous la direction de M Dollé était à la fois plus résistant à la conjoncture et, spécialisation aidant, génèrerait des marges substantielles. L’argument de Mittal tenait lui en un mot : mondialisation. Non seulement le sémillant patron anglais originaire d’Inde disposait d’un groupe qui complétait apparemment Arcelor sur le plan géographique, mais au surplus M Mittal était capable de lui ouvrir le marché indien, très protégé et plein d’avenir, enfin et surtout, la taille d’un groupe leader mondial incontesté promettait de plantureuses économies d’échelles.
Les arguments d’Arcelor, pour être reçus, demandaient un effort analytique qui dépassât la lecture du bilan simplifié, plus improbable encore, ils supposaient un peu de patience pour voir les plus-values promises se matérialiser. Ceux de Mittal, répétés sans sourciller pendant des mois avaient pour eux l’avantage de la simplicité et de l’évidence commune, ils l’ont emporté.
Le premier trimestre 2007 marque le début de la première année d’exploitation du nouveau groupe, il est donc possible d’esquisser un premier bilan.
Des résultats trimestriels très hétérogènes.
Les données d’Arcelor-Mittal sont relatives à l’ensemble constitué par la fusion de Mittal et d’Arcelor. L’opération n’a pas été un succès complet, 6,2% des titres n’ayant pas été apportés, Arcelor fait encore l’objet d’une cotation et par voie de conséquence, la société publie une documentation à l’attention de ses actionnaires minoritaires.
Il est donc parfaitement de possible, pour un temps encore, de comparer les données de l’une et de l’autre société.
Arcelor-Mittal réalise un chiffre d’affaires de 18 675 millions d’euros, une marge brute de
3 300 millions d’euros, 1 717 millions d’euros de résultats net.
Sur la même période, Arcelor réalise un chiffre d’affaires de 11 580 millions d’euros, 1808 de marge brute et 1137 de résultat net.
Enfin Mittal tel que l’on peut le dessiner à l’aide des données précitées réalise un chiffre d’affaires de 7095 millions d’euros, une marge brute de 1508 et 580 millions d’euros de résultat net.
La performance de l’ensemble combiné par rapport à 2006, si on les annualise, les résultats du premier trimestre 2007, sont assez satisfaisants. Sur cette base le chiffre d’affaires comme le bénéfice devraient monter encore de 10% chacun, à 74 milliards d’euros et 6,8 milliards d’euros, respectivement, par rapport aux résultats publiés de l’année suivante.
Autrement dit si l’on s’en tient à ces premiers résultats : Arcelor pèse plus de 60% du nouvel ensemble.
Une parité de rachat des minoritaires aux conditions léonines
Conformant à sa politique d’intégration, Arcelor-Mittal entend proposer aux actionnaires minoritaires d’Arcelor un offre de retrait qui lui permettrait de retirer les titres de la cote. Cette offre suit celle faite aux actionnaires minoritaires d’Arcelor-Brésil qui se sont vus offrir une parité équivalente à 16 fois les résultats annuels de la société, une parité acceptable sans être mirifique, il a fallut la combativité de la CNMV (l’AMF Brésilienne) pour l’obtenir de Mittal qui sait à l’occasion se montrer un brin radin quand ses intérêts ne sont pas du bon côté de la balance.
L’histoire semble vouloir se répéter M Mittal propose maintenant aux minoritaires une parité d’échange pour le moins étrange 8 titres Mittal-Arcelor pour 7 titres Arcelor. Sauf erreur de notre part il apparaît que la parité est défavorable aux actionnaires de minoritaires qui perdraient presque 7% de la valeur de leurs titres. Si, comme le suggèrent les études indépendantes, Arcelor est promis à un sort funeste comparé aux perspectives forcément glorieuses de Mittal-Arcelor, on se demande bien pourquoi M Mittal fait le forcing pour s’emparer des titres restant maintenant. Il lui suffirait d’attendre que le cours baisse pour que les actionnaires minoritaires se rendent à ses conditions. La comparaison des résultats récents des deux sociétés permet de se faire une autre idée de la situation, Mittal a vu ses résultats passer de 3,4 milliards d’euros en 2004 à 2,32 si l’on annualise les résultats du premier trimestre 2007.
Dans le cas d’Arcelor les résultats sont passés de 2 milliards d’euros en 2004 à 4 pour l’année 2007.
Si l’avenir préjugeait du passé ou pourrait à tout le moins penser que la parité proposée est grossièrement sous-évaluée. La réaction des associations d’actionnaires, relayées par M Marini, semble donc pouvoir trouver quelques solides arguments, encore faudra t’il qu’elles soient défendus avec énergie par les autorités boursières luxembourgeoises. Si tel n’est pas le cas il sera toujours temps d’alerter les épargnants sur les risques que comporte l’investissement sur des places étrangères.
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