Jeudi 3 mai 2007

Telefònica prend le risque de s’embourber en Italie

 

Le méli mélo Italien autour de leur compagnie historique de télécommunication a trouvé une fin momentanée avec la constitution d’une nouvelle alliance de circonstance.

Pirelli et la famille Benetton voulaient vendre Olimpia la holding détenant 18% de Télécom Italia. C’est fait, complètement pour Pirelli qui cède ses 80 et à moitié pour Benetton dont la participation, véhiculée via Sintonia  qui ne conserve qu’un peu plus de 10% des parts (10,6% si l’on en croit le communiqué Médiobanca). La transaction c’est faite sur une base 2.82 euro  par action télécom Italia (pour un cour de référence proche de 2,1), déduction faite des dettes et en incluant le dividende de Télécom Italia on en arrive à une somme globale valorisant Olimpia 4.1 milliards d’euros.Les acquéreurs d’Olimpia détiennent donc respectivement (28,1% du capital d’Olimpia) pour Generali, (10,6%) pour Intesa Sanpaolo, (10,6%) pour Médiobanca et enfin 42.3% pour Telefònica.

 

Conformément aux souhaits émis par le pouvoir politique italien les grands groupes financiers de la péninsule se sont investis dans le « sauvetage », dans le cas de Generali et de Mediobanca ces participations viennent s’ajouter à celles, plus modestes, déjà détenue directement au capital. Le capital italien reste majoritaire au sein de la holding Olimpia et Telefònica même avec une part apparemment importante reste sur un strapontin, puisqu’elle ne détient ni le contrôle d’Olimpia ni a fortiori celui de Telecom Italia.Si l’on s’en tient aux faits, la compagnie espagnole a payé 1.6 milliards d’euros pour un investissement réalisé au dessus du de prix du marché ( la prime est supérieure de 25%),  sans obtenir jusqu’à présent de garantie officielle concernant la direction de Télécom Italia, et sans même que soient évoquées de possible partenariats susceptibles de générer des économies.

Certes Telefònica a les moyens de se payer ce petit luxe, au fond, on se demande à quoi il pourra lui servir. De fait on assistera peut être dans un où deux ans à un nouveau ballet politico-financier qui aura cette fois pour sujet qui va reprendre la participation de Telefònica ?

Bien à vous


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Mercredi 25 avril 2007

Le péril vieux est en marche il a trouvé son chevalier Blanc : Nicolas Sarkozy

L’étude qualitative publiée par CSA à la suite du premier tour de l’élection présidentielle est sans appel : les retraités votent pour Nicolas Sarkozy et c’est eux qui feront l’élection, il n’y a donc pas de raisons de remettre en doute les sondages qui le donne gagnant au deuxième tour. La lecture des résultats dans le nord en témoigne : l’électeur socialiste moyen lorsqu’il a atteint l’âge de la retraite se met à voter pour Sarkozy. La tranche des retraités de 64 à 74 ,ans vote Sarkozy à 44% c’est le plébiscite, maudite soit la génération 68.

Une alliance extraordinaire et solide

Les retraités bénéficient via l’assurance santé et les retraites des plus gros revenus redistribués par l’état, ils sont aujourd’hui les plus gros bénéficiaires du système redistributeur. Leur message est clair ils estiment être les seuls légitimes à en tirer des revenus. En un mot, les plus assistés pour reprendre la phraséologie de l’UMP sont les premiers soutiens de Sarkozy, comment se fait il que la part de la population qui coûte le plus chère à la collectivité exige des baisses d’impôts et plus surprenant encore les obtienne ? La réponse est limpide, dans la mesure ou il n’est plus possible d’augmenter ses revenus par le travail, la seule solution tient dans la baisse de la perception et donc de l’impôt. On peut d’ores et déjà pointer une différence entre l’UDF et l’UMP, la où l’UDF proposait une baisse des charges sur les salaires des petites entreprises l’UMP visait lui l’impôt sur le revenu et implicitement sur le patrimoine, un choix électoralement plus judicieux puisque les revenus du retraité est fonction de son patrimoine et de la rente qui lui est garantie en substance par l’état. De la même façon le caractère déséquilibré des budgets fondés sur les baisses d’impôts n’intéresse pas le retraité puisque par définition il ne sera pas la pour payer ! C’est ainsi que le parti qui se vante de vouloir réduire le train de vie de l’état est celui qui compte parmi ses supporters le plus d’inactif de ceux la même qui bénéficient à plein des finances publiques, voilà l’un des paradoxes les plus honteux de ce premier tour de l’élection présidentielle 2007. Reste que l’on peut se demander pourquoi le monde de la grande entreprise et celui du pensionné se sont rencontré. On peut répondre de façon logique, le grand capitalisme français s’est nourri de la destruction de l’état et de l’appropriation de tranches successives de son patrimoine. Or le paiement des retraites et les coût afférents vont mobiliser toutes les capacités financières de celui ci surtout si l’on y joint les nouveaux cadeaux fiscaux fait au pays de la retraite et de la rente. Pour payer, il ne suffira pas d’éliminer les autres concurrents à la ressource publique, il faudra vendre ce qui reste du patrimoine foncier et commercial de l’état et probablement, créer de nouveaux espaces privatisés dont la cession permettra de tenir quelques années de plus dans ce cycle de liquidation. En d’autres terme le grand capital et le peuple des retraités sont des alliés objectifs l’appétit des uns pour l’argent public permettra l’appropriation du bien public par les seconds, la mécanique est sans faille, le divorce n’interviendra que lorsque l’état ruiné sera mis en faillite, mais cela ne concerne pas nos sarkoretraités eux seront morts depuis assez longtemps pour ne pas avoir à tenir compte de ce genre de détails. Ils laissent déjà à leurs enfants le soin de payer pour eux ils léguerons à leur petit enfant un état réduit à la police autrefois nécessaire à leur seul protection. Curieusement, on peut pointer dans le vote Sarkozy une forte adhésion des chefs d’entreprises alors que logiquement on aurait pût s’attendre à ce qu’ils soient sensibles à des partis plus soucieux de l’activité économique, le PS et l’UDF. Il se trouve que le chef d’entreprise n’est pas que le détenteur ou l’organisateur d’une activité il est aussi et surtout le détenteur du patrimoine qui lui est associé. Or on se doit de souligner que les perspectives de croissance sont faibles dans tous les cas puisque la population active est sur le point de se stabiliser et que le peuple des retraités manifeste clairement une forte propension pour l’épargne financière et immobilière. La seule façon dans une activité stagnante d’augmenter son revenu net est de payer moins d’impôts et la meilleur façon de garantir sa succession familiale est de ne payer qu’un minimum de droit de mutation, par un détour logique inattendu on peut considérer la logique des baisses d’impôts comme profondément malthusienne. Si le peuple des petits chefs d’entreprises veut maintenant à tout prix obtenir une baisse des charges fiscales c’est qu’il a renoncé à l’obtenir via une augmentation de l’activité et un surinvestissement L’alliance du pensionné et du chef d’entreprise ( grande comme petite) naît donc sur un terreau particulièrement propice, les intérêts objectifs partagés sont tels qu’il est bien difficile de seulement imaginer que leurs intérêts respectifs puissent seulement se dissocier avant longtemps. En somme le parti qui en France se présente comme celui du dynamisme et de l’esprit d’entreprise est celui de tous les renoncements, le parti qui se proclame comme celui du travail est celui de l’inactivité et de la rente, la forfaiture est complète.

Le Berluscobushisme passera par la France, avec quelles conséquences ?

L’appropriation des ressources publiques par une classe très déterminée qui aura exclu toutes les autres du partages via le discours sur l’assistanat et l’esprit d’entreprise rendra nécessairement la société française encore plus inégalitaire qu’elle ne l’est aujourd’hui. On peut à bon droit sourire, ceux qui dénoncent le trop plein de fonctionnaire, sont ceux dont l’existence même est la première source de déséquilibre des finances publiques, devant toutes les autres. L’écrasement des salaires est patente et aujourd’hui la réussite professionnelle n’est plus le garant d’une accumulation personnelle, les chances de succès individuelle compterons fort peu face à la qualité d’héritier. Les prix de l’immobilier rendent impossibles aux générations montantes d’accumuler un, trésor de guerre comparables à celui des Sarkoretraités. De facto, il sera encore plus difficile de même donner le change aux fils de l’immigration puisque le patrimoine sera « bloqué » et que le travail ne sera plus le meilleur chemin pour y parvenir, ceux là n’auront même pas la consolation d’attendre paisiblement la succession, puisque leurs parents n’auront rien à transmettre, la dégradation des salaires réels des classes populaires le garanti. Une confrontation sera donc de plus en plus inévitable et, au fur et à mesure, elle entraînera son lot de violence physique et symboliques, « l’insécurité » a de beaux jours devant elle. On peut d’ailleurs pointer d’ores et déjà les effets sociaux constatés du Beluscobushisme aux Etats-Unis et en Italie : aggravation de l’état des finances publiques appauvrissement de la population active au profit d’une ploutocratie gérontologique. On verra probablement le chômage reculer et les services à la personne connaîtrons une croissance verticale, torcher le cul des vieux pour un salaire de misère, voilà l’avenir de la jeunesse française (aux Etats-Unis la santé est le premier créateur d’emploi), et comme « l’assistanat » aura disparu alors il ne restera pas d’autres solutions que d’accepter n’importe quelle condition salariale et à espérer profiter des chèques emplois services qui seront généreusement distribués aux vieux au nom de la solidarité générationnelle. Mais le plus dur restera probablement d’avoir à subir les propos auto satisfait de ceux qui auront mis en place cette politique qui confond allégrement travail productif et servilité abrutissante. Le Sarkozysme contient en lui-même les ressources propres à assurer sa survie. Les baisses d’impôts assureront à son électorat une puissance économique redoublée et lui donneront la satisfaction du devoir accompli puisque les classes « valorisées » auront augmenté leur revenus. Le tout en construisant par opposition les conditions nécessaires à l’expression d’une révolte de plus en plus virulente qui justifiera le recours à une violence d’état de plus en plus oppressive. Ce faisant l’état deviendra une institution de plus en plus insupportable, les plus libéraux tirerons argument de ce ressentiment légitime pour exiger qu’il recule de plus en plus autour de la police qui constitue dans l’esprit des Sarkoretraités sa seule véritable utilité, en dehors de garantir le paiement de leur retraite, bien sûr.

Que faire ?

Dans l’immédiat il n’y a malheureusement rien qui puisse nous éviter la dictature de cette majorité d’intérêts. Il est toutefois possible de lui faire perdre quelques un de ses oripeaux les plus dangereux et désolidariser ceux qui se sont laissé attirés par le discours volontariste sur la libération des énergies et sur la valorisation du travail. Il faut expliquer et démontrer que c’est l’ensemble de la ressource publique qui fait l’objet d’un véritable hold-up et que les jeunes actifs et les familles de la classes moyennes seront écartés du gâteau. Il faut attaquer le discours mortifère sur l’état qui en substance assure la disparition de tous les services qui n’intéressent pas les tenant de la majorité à venir à savoir les hospices et la police. Il faut répéter sans cesse à ceux qui s’imaginent qu’en rejoignant ce parti dont le ciment est la cupidité qu’il ne recevront aucun salaire en retour car la prédation est le seul point d’ancrage intangible du sarkozysme. Il faut souligner l’imposture de ceux qui entonnent les sirènes du dynamisme alors qu’ils sont sur le point de sacrifier l’avenir du pays à son passé. Il faudra enfin suivre à chaque pas l’action de ce gouvernement pour le dénoncer à chaque fois qu’il trahira sa vraie nature :appropriation et exclusion du travailleur de la valeur ajoutée …..Il faudra enfin et surtout insister sur son caractère gérontologique et médiatique. Lui enlever le pouvoir d’être le seul à décider dans l’opinion de ce qui est bon et juste est un travail qui doit commencer tout de suite. Enfin il faudra arracher le patriotisme à cette clique qui s’en est emparée sans motif en endossant sans vergogne les vêtements trop grand pour eux du Gaullisme. Il faudra le hurler : un patriote se sacrifie pour préparer l’avenir des générations montantes dans les meilleures conditions de façon à ce que la nation aille d’un pas égale en s’enorgueillissant de ce que le meilleur reste à venir pour son histoire collective. Or c’est précisément ce que nie le Sarkozysme qui sacrifiera délibérément l’avenir de la France à une petite minorité qui ne lui a jamais rien sacrifié d’autre que de se rendre au bureau tous les jours de la semaine, en attendant ses congés payés ! Enfin il faudra rappeler que l’état a joué un rôle si éminent et fondateur dans la naissance de la nation et dans son épanouissement que son assassinat ne peut en tout en état de cause être le fait de vrais nationalistes, dès lors l’usage du principe d’autorité à leur profit ne peut être qu’un dévoiement intolérable.

Bien à vous

Par La rédaction - Publié dans : politiquefinance
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Samedi 21 avril 2007

Sacyr, Eiffage bientôt le mot de la fin

 

A la suite de son long siège du conseil d’administration d’Eiffage, Sacyr a pris la décision de se lancer dans une opération de grand style en se proposant d’acquérir l’intégralité du capital de sa cible via une offre publique d’échange dont le projet a été déposé le 19 avril 2007. Sacyr conditionne son offre à l’obtention de 60% du capital d’Eiffage en se réservant (dit on) la possibilité d’en remettre 25% en bourse. Eiffage par la voie de M Roverato repousse l’offre de Sacyr telle qu’elle est formulée à l’heure actuelle la considérant comme insusceptible de générer des synergies suffisantes. La direction d’Eiffage repousse donc une offre par échange d’action et préférerait une offre cash.

Or en l’état actuel du partage du capital d’Eiffage rien n’est fait (en gros, trente pourcents du capital pour chacun des partis). Sacyr et ses alliés espagnols pour l’emporter doivent réunir presque 75% des titres encore sur le marché, dans la mesure ou l’on peut penser que ni la CDC ni l’actionnariat salariale ne répondront favorablement à sa proposition. Il se peut fort bien que l’offre ait peu de succès auprès des autres actionnaires, il y a de bonnes raisons à cela.

 

Une offre ambigue

 

Le document déposé à l’AMF est probablement l’un des plus troublant que nous ayons eu l’occasion de lire, la logique y est mise à rude épreuve.

Tout l’argumentaire se réduit à la comparaison des cours des deux titres pour justifier d’une parité d’échange. Usuellement un tel exercice s’accompagne de longues considérations plus ou moins convaincantes sur la valeur d’actif et sur les cash flow à venir des deux sociétés de sorte à présenter le prix offert comme une adroite synthèse établie sur la foi de critères objectifs ou à défaut comparables et discutable. La publication de ce genre de documents étaient, dans un passé pas si lointain, l’occasion de se faire une idée précise des enjeux financiers et la démonstration même orientée avait le mérite d’argumenter sur ce que pouvait être la valeur du titre. Ici pas de quartier le lecteur ne trouvera rien d’autre qu’une approche des plus sommaire fondée sur la valeur boursière des deux titres pendant une période déterminée (12 mois en l’occurrence). Nous ne résistons pas à signaler que Sacyr a pourtant restreint la période de comparaison considérablement, selon elle la dernière poussée du titre motivée par des market gossips ne peut être retenue. Pour étayer cet argumentaire recevable au fond on se serait attendu à une étude justifiant qu’au-delà d’un certain seuil le prix soit devenu grotesque, mais dans un louable soucis d’économie de papier Sacyr n’a pas poussé le scrupule cartésien jusque là. Signalons d’ailleurs que la société a elle-même contribué à cette période de folie spéculative puisque le prospectus signale qu’elle a acquis des titres au moment même ou celui-ci s’envolait, il faut croire que la société a cédée à un intervalle de folie, et que depuis elle est revenue à la raison. Si besoin était signalons que certains « alliés » espagnols ont surgis précisément pendant cette intervalle spéculatif. Les heureux vendeurs du 22 et 23 mars qui ont vendu à Sacyr ont profité d’un bref moment de déraison de la société, souhaitons qu’ils ne soient pas poursuivi sur le chef d’abus de situation de faiblesse. Il n’en demeure pas moins que si Sacyr a jugé utile d’acquérir ces titres à cette valeur, en dehors de considération bassement économiques on se demande bien ce qui sur un plan logique interdit de présenter une offre sur la base de prix des derniers titres achetés. Soulignons au passage que le titre s’est envolé jusqu’à 130 euros avant de retomber à 105 lors de la séance du jeudi 19 avril 2007.  Sur la base des parité d’échanges et de cotation récente l’offre laisse imaginer une valeur du titre Eiffage aux alentours de 100 euros, loin de ses sommets.

 

 

Une offre complètement plombée

 

Pour pouvoir juger de l’offre de Sacyr il faudrait faire le travail qui n’est même pas ébauché par le document présentant l’offre d’échange, autrement dit chiffrer le papier Sacyr et le papier Eiffage, c’est un exercice trop périlleux pour nous y aventurer, reste qu’il est tout de même possible de livrer quelques éléments d’appréciation.

L’acquisition d’APRR a amené Eiffage à intégrer comptablement (intégration globale),  une dette nette considérable provenant tant de l’intégration des dettes d’APRR que du coût des titres de la société acquise. Quoique le patrimoine acquis soit de première classe il n’en demeure pas moins que la dette apparente et son coût pèse d’un poids manifeste dans les comptes d’Eiffage même si le bénéfice de l’opération reste entier. D’ailleurs les bénéfices de la société ont augmenté en bonne partie grâce à l’apport de sa côte part des droits de péage d’APRR. Autrement dit Eiffage n’est pas du tout aussi endettée que sa présentation comptable ne le laisse supposer, elle détient l’équivalent de 40% d’APRR et la dette est logée tant au sein d’APRR que de Eiffarie la holding de contrôle commune avec Macquarie. En considérant que ces dettes sont garanties et au-delà par APRR, la société n’a à proprement parler aucun engagement significatif qui soit susceptible de grever sa croissance.

Tel n’est pas le cas de Sacyr selon le prospectus présentant l’opération dans sa dimension financière on peut noter que la dette de Sacyr est voisine de 19 milliards d’euros, dans un contexte de légère hausse des taux on a tout de même tendance à trouver que cela considérable. Ces engagements ont pour contrepartie  des actifs détenus en directe dont la valeur faciale est beaucoup moins stable qu’APRR. En simplifiant, la dette de Sacyr correspond à trois investissements de type différents : Repsol, Eiffage et la promotion immobilière.

La détention d’actif immobilier est en général un gage de sécurité pourtant en l’état on ne peut s’empêcher de se demander qu’elle serait l’impacte d’une explosion de la bulle immobilière espagnole sur les comptes de la société.La participation au sein de Repsol laisse songeur, quel est l’intérêt pour un actionnaire d’Eiffage de se porter ainsi indirectement acquéreur de titres d’une compagnie pétrolière dont les réserves, au surplus, sont en voie d’assèchement. Enfin le troisième actif qui peut venir en déduction de la dette ce sont les titres d’Eiffage pour un 1,8 milliards d’euros.

Autrement dit le papier Sacyr recouvre une réalité comptable très complexe sur laquelle pèse de très nombreuses inconnues, tel n’est pas le cas pour Eiffage.

 

Pour conclure

 

L’opération n’apparaît pas très sérieuse, le caractère bâclé des  documents livrés au public laisse imaginer que celle-ci n’a été montée que pour avoir l’occasion de ramasser encore quelques titres Eiffage et s’assurer le conseil d’administration. Tout cela sans offrir de réelles garanties aux actionnaires d’Eiffage car le patrimoine d’Eiffage semble bien être l’un des éléments les plus solides du bilan des deux sociétés si elles étaient fusionnées. A l’opiniâtreté de M Roverato, l’espagnol oppose des pratiques qui sont franchement à la limite de la correction et au surplus, à l’exemple de M Mittal tente de proposer un papier d’une qualité pour le moins discutable. Tout cela ne peut qu’inspirer la plus grande réserve et inciterait plutôt à vendre les titres, car de deux choses l’unes soit Eiffage l’emporte et le titre descendra de son pinacle spéculatif soit Sacyr l’emporte et pour ceux qui ont souscris à l’offre d’échange ils se retrouvent avec des titres dont la valeur résiduelle de longue durée est pour le moins discutable. Si il fallait en ajouter encore, signalons que les enquêtes de l’AMF sur le titre peuvent dégénérer en un véritable pugilat juridique qui pour autant qu’il durera et à moins que Sacyr ne soit condamné à de lourdes sanctions au profit d’Eiffage ne servira pas le cours du titre loin s’en faut.

Sur un plan plus général on doit relever que les pratiques du capitalisme espagnol semblent tout droit sorties d’un autre âge, les péripéties de l’affaire Endesa en témoignent, la surévaluation du marché ibérique semble systématique car elle s’appuie sur des projections qui témoignent plus du passé que de l’avenir. Il est des plus probable qu’un dégonflement de la bulle des cours crée par des anticipations très généreuses en matière immobilière et bancaire ne viennent démontrer la grande fragilité du bilan de nombreuses société espagnoles. C’est d’ailleurs à notre sens la signification cachée de l’offre de Sacyr se garantir contre un retournement de conjoncture à domicile.

 

 

Par La rédaction - Publié dans : Entreprises
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Vendredi 13 avril 2007

British Télécom a été l’une des compagnies historiques les plus durement touchées au tournant du siècle. Ployant sous la dette, elle avait dû céder à Vodafone sa filiale mobile japonaise et, plus significatif encore, elle avait été amenée se séparer de O2 (son ancienne filiale mobile en Europe) via un spin-off. C’est de cette façon qu’elle a pris le visage atypique que nous lui connaissons maintenant et c’est à cette occasion qu’en 2002 elle a affirmé vouloir devenir une « Broadband-company ». Le déclin de ses activités traditionnelles a longtemps été trop marqué pour que ses progrès soient sensibles, il n’en est plus de même aujourd’hui. La hausse des accès Internet prend le pas sur la baisse de la voix, et le lancement des offres convergentes offre à la compagnie un avenir plein d’opportunités. C’est du moins ce qu’a affirmé son management lors de la présentation des résultats du dernier trimestre 2006.

 

La présentation des résultats du quatrième trimestre a dû être particulièrement agréable au management de la société.

 

La présentation s’est déroulée dans une ambiance quasiment cordiale le CEO, Ben Verwaayen, s’est permis d’ironiser gentiment sur le caractère passionnant des « disclaimers » qui ouvrent la plupart des documents financiers opposables à la compagnie.La séance de question/réponse s’est aussi déroulée dans la meilleure des ambiances, avec le sourire. Tout cela tranchait agréablement avec les rictus douloureux affichés par les gros bonnets de Deutsch Télécom lors de leur présentation annuelle, un véritable chemin de croix ! Il faut bien dire que nos amis anglais avaient de très bonnes raisons d’être décontractés et souriant, ils auraient eu tort de gâcher leur plaisir.

 

Alors que d’autres souffrent, BT voit sa stratégie de longue haleine payer

 

Comme le confirme la vague des résultats trimestriels et annuels, la guerre des prix, ou à tout le moins, la baisse des marges est en marche, partout, Non ! Une compagnie anglaise résiste encore, et si l’on en croît ses dirigeants elle fera beaucoup mieux que cela, on ne demande qu’à les croire. Il faut dire que la société a beaucoup sacrifié à ses succès actuels et elle ne saurait se contenter de ceux ci !Rappelons au préalable que l’actif principal de BT est le réseau fixe déployé par elle au Royaume-Uni, alors qu’elle était encore une compagnie d’état. Elle complète cet actif par un réseau WI-FI très étendu aux Etats-Unis et en Angleterre et une infrastructure mondiale de communication visant à pouvoir desservir les grands comptes. La compagnie est très orienté sur la prestation de service auprès des grandes sociétés européennes et américaines lesquelles occupent une place plus importante dans son activité que chez DT et FT. Tout compris grands comptes et petites entreprises représentent presque la moitié de l’activité totale.Le dernier exercice annuel clôturé (en mars 2006), l’a vu déployer un chiffre d’affaire à peine inférieur à 20 milliards de livres, un Ebitda de l’ordre de 5,5 milliards de livres et un bénéfice de 1,5 milliards livres. La société porte une dette de l’ordre de 7,5 milliards de livres. Les ratios financiers de la société sont donc parfaitement en ligne avec ceux que l’on peut attendre d’un gestionnaire de réseau fixe, au surplus la dette est à peine équivalente à un et demi d’Ebitda, ce qui est l’un des meilleurs ratio parmi les grandes sociétés de télécommunication européennes.Le quatrième trimestre marque une hausse du chiffre d’affaire de l’ordre de 5% sur la période équivalente de l’année passée, sur le marché de la bande passante, et sans acquisition majeure, il s’agit d’un résultat sans équivalent en Europe chez les Majors. La compagnie dépasse désormais les 10 millions de clients ADSL/LLU sur le marché britannique, compte tenu de la présence d’un cablo-opérateur puissant (Virgin Média qui reprend des actifs de NTL entres autres) en sus des FAI. BT dispose d’une part de marché absolument considérable (54% selon la société). Le bénéfice après impôts et avant élément non récurrent par action augmente de presque 14%, dans le contexte actuel, c’est champagne. Comme les bonnes nouvelles n’arrivent jamais seules, la contraction des activités traditionnelles est presque sur le point de s’arrêter (-1%).Mais cela ne devait pas suffire, la compagnie annonce également qu’elle bénéficiera d’une rétrocession d’un milliard de livres au titre d’un trop versé au trésor public. Seule ombre au tableau, elle devra continuer à combler le trou de ses fonds de pension, un problème récurrent pour une société dont les effectifs retraités sont importants.En définitive ses résultats contrastent absolument avec ceux du secteur il est donc particulièrement intéressant de savoir en quoi la stratégie de BT est pertinente et ce vers quoi elle s’oriente.

 

 

Un fournisseur de bande passante tout azimut axés sur les grands comptes et la convergence

 

Si l’on cherche un signe du dynamisme de la société et de la confiance qui l’anime on peut le trouver dans l’investissement qui passerait de 2,4 milliards de livres en 2004 à plus de 3 milliards pour les exercices 2007 et 2008. Une telle augmentation du CAPEX, encore une fois, est sans équivalent chez les majors européennes, même FT qui mène une politique cohérente et bien orientée ne se permet pas de pousser l’investissement aussi fort. Une telle confiance confirme les affirmations du CEO : les résultats nets l’EBITDA et le chiffre d’affaire croîtrons pour l’exercice 2007 (qui était presque achevé) et 2008 qui démarre en avril 2007. Un autre exemple du « momentum » dont bénéficie la compagnie peut se trouver dans ses effectifs qui sont en croissance sur l’exercice 2005/2006, une véritable exception sur le marché, une fois encore.On doit signaler que BT dispose d’un réseau très étendu qui lui permet d’être l’un des meilleurs fournisseurs pour les grandes entreprises. On doit signaler que son réseau américain lui permet d’être l’un des fournisseurs les plus appropriés pour les grandes compagnies européennes qui y jouissent d’une présence et veulent faire appel à un fournisseur global de services de communication (Reuters, Unilever, Astrazenca sont de ceux la).En ce qui concerne les particuliers et la petite entreprise, l’offre « fusion » résume assez bien le profil qu’entend se donner la compagnie. Comme Unik (de France Télécom) fusion permet l’usage du WI-FI à domicile pour bénéficier de l’accès internet fixe, en coopération avec Vodafone. BT propose des services de type MVNO à ses clients, plus significatif encore, en s’appuyant sur son réseau de « hot-spot » la compagnie offre à ses clients une tarification intermédiaire à proximité de ceux ci qui réduit de 75% le prix de revient de la minute traditionnelle GSM/UMTS et avec des volumes supérieur en ce qui concerne l’internet. On peut aisément saisir la force d’une telle offre pour le client et les possibilités de marges qu’elle offre si BT capte une partie des marges autrefois réservées aux opérateurs mobiles, qui se retrouvent dans une situation de sous-traitance assez inconfortable. Une telle offre permet d’ailleurs à BT de gagner la différenciation sur laquelle Vodafone a tant insisté et qu’elle est en train de perdre non seulement au Royaume-Uni mais partout en Europe.

 

BT et la bourse

 

Au 12 avril la société capitalise presque 26 milliards de livres pour un PER de 16. Compte tenu de ses flux de liquidité disponibles et de sa capacité à distribuer un dividende affichant un rendement de l’ordre de 3%, il semble bien que la compagnie puisse raisonnablement envisager que sa valeur augmente encore alors qu’elle a déjà pris 50% en deux ans. Les gains de parts de marchés requièrent, pour l’instant, des coûts d’acquisition qui amortissent les résultats. Si la dynamique se poursuit, alors, leur poids relatif baissera et l’on peut donc s’attendre à ce que la hausse de l’EBITDA soit répliquée avec un effet de levier sur le résultat net. De ce point de vue, et en pariant sur les possibilité de facturation des services mobiles via les hot spot, on peut se demander si la valorisation actuelle, déjà flatteuse pour une « TELCO », n’est pas encore un peu conservatrice. Il y a en tout cas de la place pour que BT bénéficie de l’une des meilleures valorisations relatives du marché en Europe. Alors que le marché a contribué généreusement à la capitalisation de ClearWire qui veut créer un réseau WIFI aux Etats-Unis, comment valorise-t-il le réseau de BT qui s’appuie déjà sur 40 000 points d’accès aux Etats-Unis et qui s’étend maintenant au Mexique et au Canada ?


 

Bien à vous la rédaction

 

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Jeudi 12 avril 2007

Comme nous l’avions souligné il y a six mois la FED commence à se trouver dans cette situation désagréable où aucune solution n’est tentante. La hausse des taux a effectivement pesée sur la conjoncture, la faillite d’une compagnie de prêts immobilier à risques en témoigne. Pourtant comme l’admet la FED l’inflation demeure et il existe un risque clair de devoir encore monter les taux pour en tenir compte.

Il semble que la FED soit tentée de durcir sa politique de taux c’est le choix le plus responsable à long terme mais dans ce cas une récession à court terme deviendra presque inévitable. La seule question sera alors de savoir si il s’agira d’un ajustement momentané où d’un choc plus profond. Sur ce point les esprits sont encore très partagée, signalons tout de même que le sentiment des observateurs autorisés américains qui professent usuellement un optimisme en acier trempé semblent de plus en plus dubitatif car chaque bonne nouvelle est invariablement suivie d’une beaucoup plus mauvaise. Notons également que la simple menace d’une stabilisation des taux jouera sur la courbe des taux telle qu’elle a été  anticipée et ne facilitera pas le refinancement des institutions financières qui font déjà face à un durcissement du crédit en termes de volumes.

Reste la question que nous avions aussi soulevée il y a quelques semaines : quelles seront les réactions des économies européennes, du côté Britannique et Espagnol on peut s’attendre à de sérieux remous essentiellement sur le terrain immobilier mais la vieille Europe, elle, n’a franchement pas l’air de vouloir marquer le pas. S’agit il d’un retard de conjoncture classique et déjà constaté où est le signe que l’Europe se détache économiquement des Etats-Unis. Les semaines à venir seront passionnantes sur le plan macroéconomique, jusqu’où montera l’euro, comment le yen et le yuan se comporteront-elle ?

L’instabilité monétaire que fera naître une situation incertaine sur les taux et la conjoncture atteindront nécessairement les cours de bourse spécialement si la BCE poursuit sa politique de frappe préventive contre l’inflation. Il faut donc s'attendre, à moins de prodigieux trimestriels, à trois mois douloureux à la bourse de Paris.

Bien à vous la rédaction

 

 

 

 

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