Mercredi 11 avril 2007

Les perspectives de Télécom Italia

 

 

 

Abstract

 

 

 

L’assombrissement du climat structurel dans lequel évoluent les géants des télécoms européens a des conséquences particulièrement désagréables pour télécom Italia. Son actionnaire de référence, Pirelli songe à se désengager, il se pourrait fort que le repreneur ne soit pas Italien. La récente offre d’ATT et America Movil tient en ceci : chacun prendrait un tiers du capital d’Olimpia (société filiale du groupe Pirelli à 80% détenant 18% du capital de Telecom Italia). Cette offre valorise le titre Télécom Italia à 2.83 euro, loin au dessus de ce qu’il côte à Milan ce lundi :2.35 euros. Le bon accueil qui  a été réservé à cette proposition par Pirelli, laisse clairement entendre qu’il y a de la place pour qu’une nouvelle réorganisation du capital de Télécom Italia se produise, Pirelli veut vendre. Le capitalisme italien est une machine à gaz particulièrement complexe et « inventive », pourquoi Pirelli part’ il, quelles sont les combinaisons susceptibles d’être élaborées, dans quel mesure l’avenir de la société sera-t-il impacté.  C est l’occasion de faire le point sur ces questions.

 

 

 

L’opportunité se transformant en mauvaise affaire Pirrelli se prépare à faire le deuil de Télécom Italia

 

 

 

 

 

Le départ de Pirelli est motivé par des considérations purement financières, Telecom Italia comme ses épigones européens, est déjà confronté à une baisse de l’Ebitda, le revenu net devrait donc suivre. Aujourd’hui la société capitalise près de 47 milliards d’euros pour un bénéfice 2006 proche de 3 milliards d’euros, elle affiche un PER supérieur à quinze ce qui est supérieur à celui de 12 affiché par  France Telecom. Il y a donc de la place pour que la société se dévalorise encore plus que ses consœurs, ne serait ce qu’en s’alignant sur les prix du marché. De quoi faire frémir Pirelli ce d’autant que Télécom Italia est très endettée elle aussi, même au regard des normes du secteur - 37 milliards d’euros à la fin de 2006, soit presque trois ans d’Ebitda, pour mémoire le ratio de France Telecom s’oriente résolument vers les deux-. La position de Pirelli au sein de Telecom Italia s’organisait autour d’ un montage financier basé sur l’endettement lequel est logé tant au sein de la société mère (Pirelli SPA) que d’Olimpia la holding détenant les titres Telecom Italia. Or malgré le taux très élevé de distribution des dividendes de Télécom Italia (presque 90%), la holding Olimpia paye tant d’intérêts sur sa dette qu’elle peine à dégager une marge. En cas de baisse des cours la société Pirelli pourrait se trouver en grandes difficultés, il est donc plus que temps de vendre aussi chère que possible. C’est là que les choses se compliquent. Pirrelli avait déjà essayé de faire vendre la filiale mobile de télécom italia en 2006. La société pouvait en tirer un bon prix, on évoquait alors la somme de 35 milliards d’euros. De cette façon il eut été possible de résorber la dette et d’amortir la baisse des marges en ce concentrant sur la fourniture de bande passant un peu sur le model de ce qu’a réalisé BT avec des fortunes diverses. Il était également prévu, dit on, de distribuer 15 milliards d’euros aux actionnaires via un dividende exceptionnel, Pirelli aurait donc pu effacer sa propre dette, du moins au niveau de la holding Olimpia. Le gouvernement a botté en touche sans se donner apparemment la peine d’étudier le projet et ce pour des raisons de « patriotisme » qui n’ont aucun sens désormais concernant un opérateur GSM, c’est tout du moins notre sentiment. En refusant à Pirelli de mettre en œuvre cette politique, le pouvoir Italien l’a poussé vers la sortie . D’une certaine façon cela revenait à reculer pour mieux sauter car maintenant c’est l’ «  l’Italianité » de Télécom Italia qu’il faut défendre et celle de son réseau fixe qui présente des enjeux autrement plus stratégiques en termes d’infrastructures que le réseau GSM/UMTS. Or pour réaliser son investissement avec profit, Pirelli, étant donné l’avenir financier de la société, doit vendre à un industriel qui sera en mesure de faire surgir des synergies et donc rentabiliser la prime qui lui est demandé par rapport au cours actuel (les opérateurs américains proposent une prime de l’ordre de 20%). Un investisseur financier aurait probablement plus de mal à rentabiliser son investissement étant données les circonstances.

 

 

 

Des acteurs extra européens très motivés :ATT et America Movil

 

 

 

Il n’y a plus de groupes de télécom italiens qui puissent avoir ce genre d’ambitions. Seules des entités internationales seraient capables de payer la somme demandée par Pirelli qui aimerait obtenir jusqu’à 3 euros par titres, de facto l’actionnaire de référence deviendrait étranger. Certes on évoque en Italie la possibilité d’une  solution « nationale ». Cela supposerait la mise en place d’un consortium bancaire qui reprendrait les parts d’Olimpia et constituerait un pacte d’actionnaire très élargi, une solution que l’on rencontre assez souvent en Italie où l’on trouve encore de nombreux noyaux durs. Une telle solution pourrait fort bien se coordonner autour de l’axe Mediobanca-Generali (Generali détenant 4.06% si l’on en croit les informations communiquées sur le site de Telecom Italia).Générali est membre du pacte d’un pacte d’actionnaire aux côtés d’Olimpia, à ce titre il dispose d’un droit préemption en cas de vente des titres télécom Italia, il n’y a donc pas d’obstacle pratique à ce qu’elle se saisissent des titres au passage en cas de transaction. Pourtant d’un strict point de vu financier on se demande ce qui pourrait justifier un tel investissement ce d’autant que le système financier Italien est rentré dans une phase de restructuration-concentration qui monopolise les énergies et les moyens financiers.  Du côté des grands capitaines d’industries, aujourd’hui, la seule fortune Italienne capable de remplacer Pirelli au pied levé est Berlusconi, on peut se douter que le gouvernement Prodi ne sera pas très enthousiaste à la simple évocation de son intervention, il semble que le Cavaliere se lave les mains de cette affaire. En définitive une solution à la fois crédible et pragmatique consisterait à aménager l’entrée d’un partenaire étranger qui serait près à donner de solides garanties via l’élaboration d’un pacte d’actionnaires sur mesures. L’entrée d’ATT de Carlos Slim de Téléfonica de Deutsch Telecom voir même de France Telecom n’est donc pas à exclure à priori malgré les appréhensions de certains milieux Italiens. Elle ne constituerait pas forcément une mauvaise nouvelle pour le groupe car qui aujourd’hui voudrait acheter l’intégralité du capital et assumer les 37 milliards d’euros de dettes ? Ceci étant on doit bien se souvenir que Télécom Italia objet de toutes les attentions en Italie a suscité les montages les plus douteux et les combinaisons les plus abracadabrantes, il ne faudra donc pas s’étonner si le capitalisme Italien ne sort pas de son chapeau une solution aussi byzantine que ne l’était le montage de la holding de contrôle Olimpia. Dans ce cas on peut parier que le consommateur Italien sera le grand perdant de l’opération sauf à se trouver dans les zones où les régies communales ont pris le parti de parer aux carences du privé et investissent d’ores et déjà dans la fibre optique. Pour autant on ne doit pas sous estimer non plus la volonté d’aboutir d’ATT et de Carlos Slim le marché Latino Américain est partagé entre América Movil et Téléfonica la dynamique de concentration américaine est presque achevée, ces deux géants doivent s’ouvrir de nouveaux horizons or le marché européen est fort peu accueillant Vodafone et Téléfonica sont trop chères, France Telecom et Deutsche Telecom ne sont pas opéables. Pour prendre pieds en Europe  Telecom Italia est l’une des solutions les plus simples avec KPN, ce d’autant que dans le cas de l’Italien en trouvant un accord avec les autres membres du pacte d’actionnaire il est possible de peser sur la gestion de la société en ne rachetant que 18% des parts, un investissement inférieur aux dix milliards d’euros. Dans l’état actuel des choses il semble toutefois souhaitable qu’un industriel prenne pieds dans le capital, depuis l’OPA d’Olivetti en 1999 qui ressemblait beaucoup à un LBO, les montages financiers se sont succédés pour garantir l’indépendance de la société, contribuant à diminuer sa capacité à investir. Les Italiens pourraient fort bien découvrir à l’occasion de ce remaniement du capital que l’irruption d’un actionnaire étranger n’est pas forcément synonyme de mauvaise nouvelle.

Bien à vous, la rédaction

 

 

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Mercredi 11 avril 2007

Puma, une bonne affaire pour PPR

 

 

Alors que le groupe PPR n’en finissait plus de restructurer son portefeuille d’activité pour faire face, entre autres, aux charges relatives à l’achat de Gucci on pouvait se demander si son portefeuille  ne se résumerait pas un jour à ….Gucci !

Un tel cas de figure aurait donné à la société des perspectives de croissance solides et un profil boursier très avantageux, l’actionnaire n’y aurait certainement pas perdu. Il faut croire que la direction de PPR a pensé que les flux dégagés par sa réorientation, passés et à venir, laissaient de la place à une acquisition de poids, Puma.

 

 

Puma est resté longtemps dans l’ombre d’Adidas son frère ennemi allemand, le management de la société est parvenu à en faire une véritable success story sur les dix dernières années.

Aujourd’hui la société réalise un chiffre d’affaire de 2.7 milliards d’euros en dégageant un Ebitda de 404 millions d’euros et un résultat net de 263 millions d’euros (exercice 2006).

Le prix proposé en tenant compte de la trésorerie positive de Puma (pas loin de 400 millions d’euros), fixe un PER voisin de 18.  Pourtant Puma reste d’une taille réduite, confrontée à l’arrivée de nouveaux acteurs sur son marché et à la restructuration et à la concentration de ses anciens pairs comme le soulignait avec pertinence François-Henry Pinault lors de la présentation de l’opération.

 Il est donc fort possible que l’acquisition par le groupe PPR offre effectivement de nouvelles perspectives à Puma et à son management. Cela et le prix offert, 5.2 milliards d’euros, ont dût concourir à rendre cette offre amicale, M F.H.Pinault s’appuie d’ores et déjà sur l’achat de 27% du capital auprès des actionnaires historiques, un achat ferme et définitif. Il n’y a donc aucune raison de croire que l’opération puisse échouer et M F.H.Pinault  semble faire preuve d’une grande sérénité à ce sujet, il n’y a pas de raison de mettre en doute sa position sur ce point. D’ailleurs dans le pire des cas s’il y avait surenchère PPR pourrait réaliser de solides plus values sur les 27% du capital qu’elle détient.

 

 

Reste tout de même que PPR portait encore une dette significative (3.5 milliards d’euros à la fin de 2006), même généreux le cash flow dégagé en 2007 (un peu au dessus de 2 milliards d’euros si l’on en croit PPR) ne devrait pas permettre de faire baisser la dette loin en dessous des 8 milliards d’euros ce qui constitue d’ailleurs l’objectif avoué de la direction, cela reste un endettement fort, même s’il est gagé sur des actifs de très bonne qualité. Le maintien d’une bonne flexibilité financière étant l’un des objectifs affichés du groupe, il y a donc toutes les chances pour la politique de cession atteigne la Fnac, Conforama et Redcats. Et ce d’autant que si l’achat de Puma tiens ses promesses la direction du groupe sera clairement encouragée à poursuivre sur cette voie et par la même à se séparer de ces anciens fleurons. La direction de PPR signale d’ailleurs qu’elle s’engagera dans les opérations nécessaires pour maintenir la notation de sa dette. Donc, même si Puma a été acheté relativement cher (par rapport au PER que l’on peut trouver sur le marché) même si les synergies ne sont pas calculées et si elles mettent du temps à apparaître, PPR, au moins sur le long terme devrait se réjouir d’avoir réalisé cet achat. Signalons d’ailleurs que l’acquisition de Gucci qui avait été payé fort cher à l’époque est aujourd’hui un franc succès autant industriel que financier. Sur le long terme l’opération Puma apparaît séduisante ce d’autant qu’il y a fort peu de chances pour que PPR ait à affronter une crise de management aussi aigue que lors de la prise en main de Gucci.

Au surplus, l’opération devrait augmenter le résultat par action dès la première année, donc même à court terme il s’agit d’une bonne opération pour le groupe.

 

 

PPR, devient de plus en plus, une société de branding et de distribution, un profil qui semble parfaitement conforme aux logiques d’évolution du marché en général, le titre ne peut que profiter de cette politique, c’est du moins notre sentiment.

Bien à vous la rédaction

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Mercredi 11 avril 2007

Vodafone sort ses griffes.

 

 

 

La publication des résultats semestriels (avril 2006-septembre 2006) de Vodafone avait sonné l’alarme chez les investisseurs, l’investor’s day du 30 mars focalisé sur les opérations européennes du groupe  visait à restaurer leur sérénité. Il faut croire que l’annonce de l’opération Essar (opérateur mobile en Inde dont l’Ebitda a été de 297 millions de dollars sur le premier semestre 2006) n’a pas été jugée suffisante pour Ce faire, il faut dire que le poids des opérations européennes est encore déterminant pour les finances du groupe (77% de l’Ebitda sur le premier semestre de l’année comptable 2006/2007).

Vodafone est un acteur incontournable du marché européen une présentation pointue de sa stratégie est donc importante pour juger de la situation européenne dans son ensemble, la société est en effet le seul opérateur mobile présent sur tout les grands marchés européens : Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Espagne et même France via sa participation de 44% au capital de SFR au côté de Vivendi qui détient le solde du capital.

Or, un vent mauvais souffle sur l’Europe, la contraction des marges et du chiffre qui n’affectait jusqu’à présent que le marché de la ligne fixe classique est en train de rattraper le marché du mobile maintenant à maturité. Pour Vodafone, spécialiste du mobil, la nouvelle conjoncture est un changement radical d’environnement par rapport à la croissance forte de ces dix dernières années. Le seul marché encore en croissance est maintenant celui de l’accès internet et encore peut on le considérer comme une sous branche de la gestion des lignes fixes, un domaine où Vodafone est quasiment absent.

 

 

Un revirement tactique

 

 

 

La présentation fixait les grands axes de la politique de Vodafone, on peut retenir  deux points forts , maîtrise des coûts et réorientation marketing.

Vodafone en construisant son réseau pan-européen a pris soin d’offrir la meilleure couverture possible sur tous les marchés où il était présent de façon à se différencier de la concurrence et à se mettre en position pour prendre des parts de marché aux opérateurs historiques, joint à la possibilité de faire du roaming massif en interne au niveau européen, ce choix s’est traduit par la possibilité d’établir un profil de tarification et de rentabilisation du réseau quasiment idéal via une politique marketing particulièrement performante.

Or les ingrédients de ce succès sont aujourd’hui attaqués, les réseaux des concurrents ont rattrapé leur retard et la commission de Bruxelles vise à limiter la tarification des échanges intra-européens. C’est implicitement ce que le nouveau positionnement commercial du groupe traduit, en acceptant de réduire sa prime prix Vodafone laisse clairement entendre qu’il est en passe de devenir un opérateur comme les autres et que par voie de conséquence, il entre de plain pied dans le processus de guerre des prix entamé en 2006. Vodafone vise désormais l’augmentation des volumes pour compenser les baisses de marges.

Le groupe réorganise aussi le déploiement de son réseau. Maintenant qu’il est difficile de se différencier sur ce terrain , le groupe s’engage dans un processus de mutualisation à grande échelle avec Orange au Royaume-Uni et en Espagne. Une telle mutualisation doit permettre des économies d’investissements (Capex) tout à fait substantielles même si l’investissement est déjà en baisse rapide depuis que « l’échec » de la 3G est devenu patent (à peine 1,5 millions d’abonnés au Royaume-Uni). Au fur et à mesure que la mutualisation se renforcera la capacité de Vodafone à jouer sur la qualité de son réseau ira en diminuant. D’autre part alors que France Telecom, par exemple, accentue sa politique d’investissement tout en réduisant la part dévolue aux infrastructures mobiles, Vodafone lui - de part son positionnement - ne peut qu’allouer ses capacités à d’autres marchés géographiques ( comme l’Inde, l’Afrique du Sud et la Turquie).

 

 

Insuffisant à éclaircir l’avenir de la société en Europe sur le long terme

 

 

 

Si l’on postule que la convergence entre mobile et lignes fixes via le recours à des passerelles WI-FI (offre « Unik » de FT, offre DT « Homezone », offre BT « Total Broadband ») sera le principal axe d’évolution sur le marché des télécoms, alors l’évolution stratégique de Vodafone semble bien insuffisante pour faire face. Même si l’opérateur peut passer des accords locaux comme il le fait déjà pour présenter des offres concurrentielles (en Italie avec Fastweb) lorsqu’elle ne dispose pas d’un FAI en propre (cas de l’Allemagne avec Arcor hérité de Mannesman), il se produira une disparité considérable des offres et des marges dégagées suivants les marchés et la capacité de négociation des FAI. Autrement dit la politique du groupe qui se voulait homogène va devenir de plus en plus complexe à mettre en place et la structure des marges risque de devenir rapidement illisible.

En comparaison la stratégie de la firme France Telecom (pour ne citer qu’elle ) est parfaitement limpide, présente à la fois en tant que FAI et opérateur mobile sur ses principaux marchés (Royaume-Uni, Espagne, Pologne et bien sur France) l’opérateur peut compter sur un branding unique et sur des offres presque standardisées quelques soit le pays, les économies d’échelles que l’on peut attendre d’un tel positionnement sont substantielles tant sur le plan de la gestion des coûts matériels que sur celui de la gestion marketing. Autrement dit comme Vodafone refuse de se lancer dans des opérations d’acquisition pour devenir un opérateur intégré, on voit mal comment ses fondamentaux pourraient se maintenir à leur niveau d’excellence passée en terme de marge brute sur chiffre d’affaire. La baisse de l’Ebitda sur le marché britannique est particulièrement significative, il passe  30.8% à 26.6% sur ces cinq derniers mois (entre octobre 2006 et février 2007). On voit mal comment la stratégie de guerre des prix entérinée silencieusement par Vodafone sera en mesure de faire autre chose que de ralentir l’hémorragie qui sur le long terme semble inéluctable.

 

 

Un numéro d’esbroufe ?

 

 

 

On a beaucoup de peine à imaginer que la direction du groupe ne soit pas parfaitement consciente de ce qui se produit sur le marché. A ce titre on peut se demander si Arun Sarin n’a pas jugé nécessaire d’occuper le terrain et de rassurer en attendant de pouvoir faire avancer sa stratégie à visage découvert. Cela supposait donc de faire un peu le bonimenteur, un rôle qui lui convient fort bien. Vodafone est une société gérée en fonction de critères financiers, et il semble que le management n’a jamais été convaincu par l’opportunité de s’investir davantage en Europe via le rachat d’opérateurs FAI, au vu des prix élevés de ceux ci on a de la peine à lui donner tort. Tous ses investissements récents se sont concentrés sur des marchés où la ligne fixe ne peut jouer qu’un rôle secondaire, laissant à sa stratégie tout mobile et aux services associés un maximum d’espace commercial. Sa stratégie visera donc à investir rapidement tous les marchés du tiers monde numérique qui peuvent lui être ouverts, à ce titre, par exemple, une autre opération d’achat en Inde serait logique. Dans ce cadre la réelle difficulté de gestion tient à la substitution d’actifs en croissance à ceux matures de l’Europe occidentale, le tout sans bousculer les investisseurs pour lesquels la valeur de la société est encore aujourd’hui gagée sur celles de ces activités GSM européennes.

Si l’on s’en tient à cette lecture, alors la présentation du 30 mars visait surtout à occulter un virage stratégique d’importance derrière un beau discours marketing et volontariste qui n’engage nullement l’avenir. Sur ce point on peut d’ailleurs noter l’absence quasi totale de prévisions lors de cette présentation alors que d’autres opérateurs font des projections à beaucoup plus long terme, lesquelles prévoient d’ailleurs une baisse significative des marges sur le marché mobile. D’une certaine façon, on peut se demander si Vodafone n’est pas en train de faire une croix sur le marché européen en se préparant à vendre ses positions au gré des opportunités d’achat de positions dans des pays d’Asie qui, à l’avenir, ont vocation à devenir le cœur du groupe. Une telle stratégie peut sembler iconoclaste, on doit pourtant souligner que Vodafone ne sera pas le premier groupe d’origine anglaise à se déployer exclusivement en Asie et sur les marchés émergeants, Standard&Chartered (société bancaire) répond depuis longtemps à cette typologie. D’un strict point de vu financier il n’y a d’ailleurs aucune raison de penser qu’un tel choix puisse avoir des conséquences négatives, bien au contraire !

Bien à vous la rédaction

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Vendredi 23 mars 2007


Quel que soit le sort d’ABNamro dans les semaines à venir, on doit retenir le fait suivant : le temps ou les grands de la finance européennes se regardaient en chiens de faïence tout en se portant acquéreur d’institutions bancaires de taille modestes (CCF, Antonvenetta, BNL …) ou extra européenne (Bancwest, Rosbank) semble sur le point de s’achever.Or aujourd’hui la plupart des systèmes bancaires des différents pays d’Europe ont un atteint un point de structuration que l’on peut qualifier de critique en ce sens qu’il est impossible aux grands de grossir encore sur leur marché domestique à l’exception notable de BNP et Société Généra le qui est encore certainement possible probablement moyennant la cession.Le moment est donc venu où des rapprochements inter-européens sont devenus inévitables.

 

Quelques considérations préliminaires sur l’opération en question

Barclays est moins imposante que HSBC et RBS, sont profil est moins séduisant que celui de HBOS et Standard&Chartered (qui disposent de beaux réseaux dans des pays extra européens en croissance rapide), il fallait donc bien que celle ci prenne une initiative, l’activisme des fonds au capital d’ABNamro lui donne l’occasion d’agir. ABNamro vient de réussir à mettre la main sur BancaAntonveneta, plus que la supposée insuffisance de ses résultats qui ont crû moins vite que certains de ces concurrents, le capital ouvert d’ABNamro constituait sa principal faiblesse. Il n’y a guère de doute que Barclays est en mesure de financer une belle prime aux actionnaires si l’on s’oriente vers une fusion par échange d’action ce qui semble à peu près certain. Et les actionnaires d’ABNamro n’ont aucune raison rationnelle de refuser le papier Barclays, on a donc toutes les raisons de croire que correctement menée et en dehors des aléas qui peuvent surgir de conflits personnels, l’opération est voué au succès avant même d’avoir commencée, l’arrivée d’un chevalier blanc est des plus improbables car qui voudrait surenchérir où risquer de se retrouver avec des titres ABNamro acquis lors de la fièvre boursière qui commence pour le titre. La conjoncture ayant tendance à devenir morose outre atlantique il y a de fortes chances qu’elle le devienne aussi de l’autre côté de la Manche, il deviens opportun pour les banques Anglaises de se détourner du grand large et d’investir l’Europe qui pour être moins dynamique est aussi plus sûr. Sans avoir à juger longuement des synergies potentielles à la fusion nous soulignerons que le mouvement de Barclays européanise le portefeuille de la société et donne certaines garanties au bon moment, les actionnaires de Barclays ne devraient pas perdre à une telle opération même si ce sont eux qui payent la prime. Donc même si rien n’est arrêté disons que l’opération est à la fois concevable et exécutable et ce d’autant que Barclays l’un des plus gros gestionnaires d’actif mondiaux doit bien déjà détenir une portion plus ou moins significative d’ABNamro, pour compte de tiers, bien sûr, de quoi faire réfléchir le management d’ABNamro au cas où il serait tenté de résister. Les concessions d’ores et déjà consenties par Baclays sont significatives la banque resterait Anglaises tout en devenant de facto une ban que de la zone euro, c’est du moins ce que laisserait entendre le choix d’avoir pour régulateur la banque centrale hollandaise.

 

Une industrie comme les autres ? Bien sûr que non !

 

L’activité bancaire se présente volontiers comme une industrie à part entière qui exige donc des concentrations de façon à générer des économies de coût de fonctionnement moyennant la rationalisation des instruments de collecte et  de gestion informatique. Avant de se pencher sur la dynamique de concentration à l’œuvre il faut donc tordre le coup à quelques idées reçues, si l’on se fie aux chiffres publiés par ces institutions la taille ne semble pas être un critère de rentabilité à proprement parler du moment que les institutions concernées sont correctement capitalisée ce qui est le cas pour l’instant de la majeur partie du réseau bancaire européen même si l’on peut s’attendre à quelques surprises du côté des pays où la hausse de l’immobilier a tiré la conjoncture bancaire un peu trop vite.Parmi les arguments les plus forts on peut retenir la nécessité de bénéficier d’un portefeuille d’engagement diversifiés au bilan de façon à se garantir contre les risque d’une activité trop centrée où géographiquement trop limité, il faut pourtant souligner que dans le domaine de la couverture mutuelle du risque les marchés financiers semblent avoir joué leur rôle à merveille.La raison d’être d’une concentration ne peut donc être à proprement parler économique dans le sens productiviste du terme, plus sûrement peut on penser que c’est la structuration du capitalisme européen qui va se jouer dans les années à venir, car le secteur bancaire en est la clef de voûte, devant même les gestionnaires d’actifs puissants que sont des assureurs commes Axa, Allianz, Aviva…. Les grands de la banques jouent en effet un rôle organique déterminant dans la vie des capitalismes européens tels qu’ils sont structurés aujourd’hui et il faut s’attendre à ce que les grandes fusions bancaires génèrent un écho considérable sur le terrain des fusions industrielles en europe.

 

Le rôle central du secteur bancaire et sa place dans la chaîne de valeur

 

Les banques organisent les fusions les introductions, l’appel au capital et conjointement avec les compagnies d’assurances gèrent la grande majorité du capital disponible sur les marchés. En ce qui concerne l’accès au capital, leur prééminence est telle qu’elles se servent en premier comme en témoigne les augmentations de capital en cascade faites par les plus prestigieuses d’entre elles en France, Natixis, Société Générale, BNParibas et même le Crédit Agricole ont eu recours au marché ces deux dernières années, le cas du Crédit Agricol est particulièrement significatif en ce sens qu’il se dit que la banque aurait pu financer ses acquisitions récentes sur ses plus values latentes. Dans son cas le recours au marché tenait surtout de l’opportunité de lever des fonds au moment propice pour pouvoir les dépenser à un moment ou les cours se seront rétractés.La lecture de leur résultat est d’ailleurs très instructive aucune activité ne dégage un tel taux de marge par rapport à son coût économique réel, autrement dit contrairement à de nombreux secteurs industriels où la concurrence aidant les marges peinent à assurer le renouvellement du capital le métier de banquier jouit d’une étrange immunité de ce point de vu là. D’aucun présentent cette activité comme recourrant aux services d’une main d’œuvre ultra qualifiée justifiant des fortes rémunérations, un petit peu sur le mode de ce que l’on peut trouver dans le cas de certaines société de services très pointues. Pourtant celles, ci prises entre les exigences d’une main d’œuvre qui a les moyens de négocier et d’un marché qui reste concurrentiel sont loin de dégager de tels marges il suffit de se reporter aux comptes de certaines SSII pour s’en convaincre si leur salaire par tête s’approche de celui de la banque il n’en est pas de même de l’excédent dégagé, très loin de là.D’un strict point de vu comptable les activités bancaires peuvent se rapprocher plutôt des anciens monopoles d’état, de ces compagnies qui jouissent d’un monopole naturel comme l’on dit avec pudeur.Les grandes sociétés bancaires dans la plupart des systèmes financiers européens jouissent d’une influence incontournable qui leur permet de facturer leur coûteux services aux autres acteurs économiques avec une grande facilité. Dans le cas d’une société côté on imagine bien qu’il est difficile de mécontenter une institution qui serait à la fois l’une des principaux créanciers, le gérant des plan d’épargnes salariales, le gestionnaire de la liquidité du titre en bourse, la cheville ouvrière de bien des opérations de fusion acquisition et l’un des premiers actionnaires via la gestion d’épargne pour compte de tiers. A nos yeux cette position centrale et décisive justifie l’existence d’un « pricing power » que l’on a de la peine à ne pas attribuer à une sorte du partage du marché entre les grands suivant les pays européens ce type d’organisation peut se retrouver en suivant des variables diverses, il ne s’agit pourtant pas d’une organisation que l’on retrouve partout dans le monde, elle est assez spécifiquement européenne.
Le marché américain est hautement segmenté suivant des logiques de métiers, prêt à l’habitat avec Fannie Mae , carte de crédit  avec Fédéral Expresse banque de financement d’affaire et de courtage avec Lehmann et Morgan-Stanley , grandes banques de réseau et de crédit à la consommation avec Citigroup Wachovia et Bank of América.Autrement dit sur les marchés européens l’intégration verticale est la règle et sur une place de marché donnée, elle rend la société côté très sensible aux humeurs des grandes banques. Cette organisation prend un tour caricaturale en France où les quatre grands se partagent le retail le financement et la gestion d’actif sans qu’il n’y ait plus de société spécialisée puissante dans un domaine seulement - Paribas qui ressemblait au profil Américain de la grande banque d’affaire de financement et gestion d’actif a été absorbée par la BNP il y maintenant presque dix ans , il ne reste que Lazard qui est surtout présent aux USA -  . En Europe il n’y a d’ailleurs guère que la structuration du marché allemand qui puisse être rapprochée de l’organisation américaine (avec deux grandes banques de financements et un réseau de retail séparé, et, nous en traiterons plus loin, cela ne sera pas sans conséquences.

L’intégration verticale permet aux banques européennes de dégager des marges considérables et nourrit leur appétit continentale, de ce point de vu beaucoup d’évolutions sont à attendre en ce sens que dans le retail il n’y a pas banque qui puisse se prévaloir d’un réseau pan-européen.

 

La structuration des marchés européens de la banque : revue panoramique

 Le marché Allemand est relativement atypique en ce sens que des deux sociétés les mieux connus seule la première est capable de jouer un rôle significatif au niveau européens (la DeutscheBank) l’autre la Commerzbank , est, de l’avis général, condamnée à faire les frais du mouvement de concentration. En ce qui concerne le «retail », il est le plus souvent laissé aux LandesBank qui ne se sont pas organisées en une entité commune, de ce point de vue la privatisation pure et simple de la caisse d ‘épargne de Berlin laisse entendre que d’autres collectivités pourraient fort bien tout simplement vendre ces institutions au plus offrant, dans le contexte européen actuel, gageons que les candidats en manqueront pas. Il y a forte à parier que la Deutsch Bank ne se retrouve bien vite esseulée à moins qu’Allianz ne garantisse son indépendance ce qui est tout sauf certain.

Ailleurs en Europe l’activité, comme en France, est intégrée verticalement Espagne (autours de BSCH et BBVA) en France en Italie (la concentration est en retard mais on discerne clairement l’emergence de deux pôle autour d’Unicrédito et de SanPaoloImi et au Royaumes-Uni (HSBC,RBS,HBOS,Lyoids,Barclays) ….

 

Pourquoi le flux commence t’il par la Hollande ?

 Le capitalisme Hollandais est traditionnellement tourné vers la Grande Bretagne et d’une certaine façon les société hollandaise sont déjà intégrées d’une façon où d’une autre une telle alliance ne viole donc pas leurs intérêt en ce sens qu’elles ne se retrouveront pas confrontées à d’autres logiques et à d’autres intérêts, du point de vue de ces grosses société hollandaises
(Royal Dutch, Reuters, Ahold …).De ce strict point de vu, il n’y a donc pas à attendre de difficultés particulières de la part du milieu des affaires hollandais, il s’agit pourtant d’une exception en Europe ni en Italie ni en France ni en Espagne ni en Hollande ni même en Suisse on ne peut s’attendre à une telle sérénité, loin de là. Les prémices de la concentration se jouent donc sur un terrain prédisposé à l’accepter, il n’y a guère que les équipes dirigeantes de ABNamro qui peuvent légitimement avoir des réserves, elles trouveront quelques douceurs au processus de fusions qui devraient rendre le processus moins pénible n’en doutons pas. Du strict point de vu de la faisabilité il ne fait guère de  doute que le rapprochement d’une banque hollandaise et d’une anglaise était plus possible et probable, il est donc logique que le bal s’ouvre de cette façon, mais, incidemment la naissance d’un nouveau géant qui viendra siéger au pinacle de la finance mondiale aux côtés d’HSBC risque de faire beaucoup réfléchir sur le continent et de forcer les acteurs continentaux à se lancer dans des opérations plus « hostiles » par la force des choses.

 

Pourquoi cela ne se passera t’il pas de façon aussi « naturelle » dans d’autres grands pays de l’union européenne ?

 

Le cas sera bien différent dans un pays comme la France où l’existence de poste à responsabilité dans l’industrie bancaire est le privilèges d’élites sociales fort réduite qui considèrent ce privilège comme un droit allant presque de soit, il suffit de consulter les organigrammes des grandes banques françaises pour s’en rendre compte. Dans le cas français il est bien évident que les plus fortes réserves à un processus de fusion seront aussi sociales et non seulement économique, il sera alors bien temps de se rendre compte à quel point le discours sur les excellence managériales recouvraient un opportunisme sociale. De leur point de vue perdre la course à la taille c’est prendre le risque d’être purement et simplement évincés en ce sens que rien n’obligera un acquéreur de la Société Générale à conserver l’activité dérivée en France, voir même en Europe. Sur ce point au moins on peut se demander si les logiques d’éviction que génèrent les concentrations industrielles ne rattraperont pas les banquiers. Dans le cas de la France le système socio-financier est étroitement organisé autours des grandes banques qui, implicitement ou non (comme on a pu le voir dans le cas Accor) pèsent de façon décisive non seulement sur les règles de gestion mais aussi sur le choix des équipes dirigeantes. Autrement dit l’absorption de l’un des géants français remet en cause l’organisation sociale du capitalisme français et les règles d’accessions au pouvoir économiques. Il va de sois donc que la concentration bancaire est un enjeux non seulement pour la haute finance mais aussi pour tout ceux qui en dépendent à un titre ou à un autre. On peut donc s’attendre que la résistance à des opérations étrangères d’envergures soient très fortes. Alors même que l’intérêt même de l’homme de la rue serait certainement qu’un géant étranger viennent piétiner les plates bandes de la finance française. On peut se douter que pour les grandes sociétés il est difficile d’ignorer à quel point la vie pourrait devenir difficile si quelques un des grands établissements français passaient à l’étranger.Autrement dit alors que la concentration sur tel où tel domaine ne concerne que les principaux intéressés  au secteur concerné : l’acier, le ciment, la sous-traitance automobile la concentration financière a des conséquence sur l’organisation globale d’un capitalisme donné.En Italie et en Espagne, nous n’avons aucune raison de croire que les enjeux soient différents, on peut donc en déduire que la résistance sera très forte à des opérations étrangères hostiles, et il fort possible d’envisager que ces querelles financières ne dégénèrent sur le plan politique entre les états comme la concentration dans l’énergie en a donné le spectacle.

A bien des égards la concentration financière jouera un rôle aggravant dans la confrontation entre les grands pays européens et risque de dégénérer sur le plan politique, on pourra alors constater que la logique de concentration hostile reposant sur l ‘éviction de la victime et implicitement de ceux qu’elle représente, aura un impacte plus négatif que le non français au référendum européen sur le sort de l’Europe politique qui refuse toujours de reprendre à son compte l’organisation d’un capitalisme européen autrement qu’en encourageant le plus fort à imposer sa loi au plus fort.

 

Par La rédaction - Publié dans : Entreprises
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Jeudi 8 mars 2007
Vodafone en route pour l’Inde ou en route pour devenir Indien ?
 
A première vue la question peut sembler baroque pourtant quelques indices laissent penser qu’un tel mouvement est envisageable, la position stratégique de Vodafone est en effet des plus ambigüe et permet de nombreuses interrogations. On peut globalement trier le portefeuille de licence en trois catégories distinctes.
 
L’europe
 
Il s’agit bien sûr du premier marché de Vodafone dans l’état actuel des choses, la compagnie y dispose de tête de pont dans tous les pays qui comptent : le Royaume-Uni, la France (via une participation de 44% au capital de SFR, l’Italie, l’Espagne et l’Allemagne. La réussite de l’OPA sur Mannesman a fait de facto de Vodafone le premier opérateur mobile d’Europe, sa position est d’autant plus forte qu’il détient la quasi-totalité du capital de chacun des opérateurs nationaux du groupe à l’exception notable de SFR, il y a des chasses qui sont mieux gardées que d’autres. Ce déploiement pouvait apparaître comme le plus pertinent lorsqu’il a été conçu en 2000, il donne à Vodafone une position privilégiée dans les accords de roaming, facilite la gestion de la marque et permet sur de plantureuses économies d’échelles. Pourtant aujourd’hui l’ébauche d’une sorte de réseau intégral mêlant infrastructures fixes et mobiles comme des composants d’un produit télécom unique met Vodafone dans une situation précaires. A moins de se lancer dans une politique d’acquisitions des plus coûteuse il lui sera impossible de doubler son réseau aérien d’opérateurs fixes, il lui faudra donc passer des accords locaux avec des FAI et cablô-opérateurs qui dans l’état actuel des choses seront locaux, chaque filiale nationale devra donc faire face à des adaptation au tissu industriel local, il sera d’autant plus difficile de créer et de gérer des technologies et des services communs susceptibles d’améliorer la valeur ajouté que l’effet « groupe » peut apporter à chacune de ses partis.
 
Les Etats-Unis
 
Vodafone y possède des parts minoritaires au sein de Verizon Wireless la filiale mobile de Werizon l’un des trois géants des télécom américains. L’acquisition de Verizon est impensable en raison du poids financier de la société à terme il faut bien croire que Vodafone aura vocation à céder ses titres, la progression du marché américain étant encore prévisible pour au moins deux ans sur le marché mobil, la cession n’est pas d’actualité à moins de renoncer à de fortes plus values futurs. Si il ne faut pas anticiper de départ des USA comme le PDG Arun Sarin l’a d’ailleurs répété lors de la présentation du rachat d’Essar, il ne faut pas non plus s’attendre à de vastes mouvements de ce côté-là, le moment venu Vodafone cèdera ses parts.
 
Le reste du monde
 
Le produit GSM/UMTS est un excellent biais pour accéder à la communication dans des pays ou les réseau physique sont incomplets voir tout bonnement absent. Autrement dit Vodafone n’a pas besoin de modifier sa stratégie ni ses technologies pour s’y implanter la Turquie et l’afrique du sud ont été investie l’année passée, c’est aujourd’hui le tour de l’Inde avec l’acquisition d’une majorité de contrôle (67%) au sein d’Essar à l’occasion du départ d’Hutchinson Whempoa qui semble souffrir quelque peu de son positionnement 3G.
Autrement dit Vodafone fait le choix de continuer à faire ce qu’il sait déjà faire et d’amortir encore plus ses « compétences ».La taille du marché Indien est sans équivalent à part la Chine qui se trouve être impénétrable dans l’état actuel des choses (Vodafone dispose d’une petit part de China Telecom au cas ou ), l’Inde sera donc le premier marché de Vodafone en terme d’abonnés d’ici très peu de temps, il n’y a pas de raisons de ne pas se fier aux projections de la société sur plan. La société déploie déjà un chiffre d’affaire de 1800 millions d’euros au titre de l’exercice 2006, la croissance est telle que l’on peut envisager un quintuplement du marché en cinq ans, une telle croissance serait d’ailleurs en ligne avec le rythme constaté dans les années d’explosion du mobil en Europe. A terme Vodafone peut viser un chiffre de 10 000 millions d’euros et un Ebitda de l’ordre de 3 000 millions d’euros. Autrement on peut déjà se demander si l’Inde ne deviendra pas le premier marché de Vodafone et ce d’autant que le marché Indien étant encore éclaté entre de nombreux opérateurs on peut supposer que la concentration jouera son rôle pour structurer le marché là comme ailleurs. Dès lors on voit mal comment Vodafone pourrait ne pas participer au rachat d’opérateur moins puissant, avec le temps leur prix, même pour des chiffres d’affaires modestes, auront une nette tendance à devenir prohibitifs. Or le seul défaut de cet investissement tel qu’il est présenté est de ne pas dégager de liquidité mais d’en consommer, pour l’instant les montants en causes n’ont aucune raison d’effrayer Vodafone, la croissance est telle que toute part de marché vaudra de toute façon une fortune d’ici cinq ans qu’elle génère ou non une marge bénéficiaire. En revanche il y de fortes chances que l’achat d’opérateurs de second rang nécessite de gros montants. Rendant nécessaire des cessions sur les marchés les plus matures, comme ce fut le cas de la cession de Vodafone Japon pour financer les achats en Afrique du sud et en Turquie, une telle migration du capital sur une échelle encore plus vaste est très possible, il est possible que Vodafone prenne le parti de céder des franchises européennes au rythme de croissance de son empire Indien et de ses extensions logiques (Pakistan, Bangladesh, Indonésie, Malaisie …).
 
L’indianisation de Vodafone
 
L’Inde est comme on le sait un pays complexe et pour préserver son emprise Vodafone devra consentir une attention de tous les instants,elle aura donc besoin de se construire de forte alliances politiques et économiques sur place, elle compte comme le souligne Sarin sur la coopération de la famille Essar. Il se trouve qu’avec le temps lorsque Vodafone se sera dégagé d’Europe comme nous le pensons, on pourrait constater que la filiale Indienne alourdie de nouveaux minoritaires au gré du jeux des concentrations sera devenue le premier actif de la compagnie une fusion des deux entités deviendra probable, la fusion d’Essar et de Vodafone fera des actionnaires de la filiale les premiers actionnaires de la société mère, alors Vodafone sera devenu Indien et ce de façon logique, parce que l’Inde sera devenue son premier marché …
 
Bien à vous
La rédaction
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