Jeudi 10 mai 2007
4
10
/05
/2007
17:09
La BNP, toujours plus haut
Les trimestres se suivent et se ressemblent pour la BNP, l’ensembles des chiffres progressent.
Sur les trois premiers mois le PNB se monte à 8.2 milliards d’euros et permet de dégager un résultat net de 2.5 milliards d’euros. Donc si l’on s’en tient seulement à cette performance le PNB toucherait 33 milliards d’euros et 10 milliards d’euros. Autant dire que même en l’absence d’acquisition de taille -les caisses d’épargnes de Berlin sont à vendre et la BNP serait candidate-, l’année 2007 se présente d’ores et déjà comme une nouvelle année record. D’un strict point de vue logique on voit mal ce qui pourrait interdire à la BNP de rejoindre le club restreint des sociétés françaises dégageant une capitalisation supérieure à 100 milliards d’euros.
Les USA et la France deux points « faibles »
On ne peut s’empêcher de noter que les Etats-Unis où BNP dispose d’un réseau de retail via Bancwest est clairement en berne puisqu’elle la seule filiale significative à dégager un PNB en baisse de 4.1 % à taux de change constant alors même que le dollar a connu une glissade significative depuis le premier trimestre de l’année passée. Le niveau des provisions monte de façon dramatique puisqu’il monte de 600 % par rapport à l’année passée en annualisant les provisions du premier trimestre. On se doit de signaler que les économistes d’entreprises de BNP semblaient parmi les plus réservés sur l’évolution de l’économie américaine, la hausse des provisions correspond donc peut être plus à des attentes négatives qu’à une détérioration aussi forte du marché. Quoiqu’il en soit on ne pourra reprocher à la société de mettre les bouchées doubles en matières de provisions, en cas de déclin marquée aux Etats-Unis, elle aura déjà été intégrée aux comptes pour sa part la plus pénible.
En France l’évolution correspond grosso modo à la croissance et à l’inflation sous de jacente. Peut être peut on pointer les premiers signes d’une modération des volumes liés à l’activité immobilière mais la banque ne s’étend pas sur le sujet il faudra donc attendre pour en savoir plus. On peut également se demander si l’émergence de la banque Postale et au moins en termes d’images de Natixis ne produisent, au moins à la marge, leurs premiers effets.
La stratégie d’entreprise
Lors de la présentation le management a lourdement insisté sur la plate forme industrielle européenne dont la consistance permet aux différentes branches, à l’instar de BNL, de progresser rapidement tout en maîtrisant les coûts. On ne peut qu’en conclure que BNP se sent capable de tirer de fortes synergies des acquisitions à venir, où du moins elle affirme haut et fort et en fait la clé de voute de ses succès actuels. Que cela soit avéré où non, les informations communiquées sur la structure des coûts ne permettent pas de s’en assurer. Un tel discours prépare les esprits aux mouvements à venir. En effet, il est vital de prêcher la bonne parole des synergies pour être sûr de voir des opérations d’acquisitions, même coûteuses, recevoir un accueil chaleureux. On se doit de souligner, aussi, que la Société Générale fait beaucoup moins bien, ce qui une fois de plus ouvre la porte aux spéculations récurrentes quand à l’avenir commun ou non des deux groupes.