Entreprises

Jeudi 29 juin 2006

Le dénouement de cette affaire semble proche même si il reste encore une assemblée générale décisive ou les actionnaires feront implicitement le choix, en disant non à Mordashov, ils diront oui à Mittal.  La bataille pour le contrôle d'Arcelor est très importante car elle signale avec acuité un phénomène nouveaux : des acteurs provenant de pays en voie d'industrialisation se déchirent pour prendre le contrôle d'une société européenne à coups de milliards d'euro qu'ils auraient eu bien eu de la peine à rassembler il y de cela quelques années à peine. On doit prêter une oreille distraite aux accusations qui ont été lancées sur Mittal et son homologue russe, si l'on s'en tient aux critères moreaux les plus courants, l'un et l’autre sont de toute évidence des pirates de haut vol. Les acquisitions de Mittal à prix discountées ont souvent été entourées par des rumeurs de corruptions, les polonais lui reprochent, dit on de ne pas avoir respecté le cahier des charges d'investissements du complexe sidérurgique géant qu'il a racheté à l'état. Mordashov lui même n'est pas en reste, ne s'est il pas adjugé d'un coup, en mettant la main sur Severstal pour une bouchée de pain ce que Mittal à mis une vie à construire. L'un et l'autre se retrouvent sur un point décisif, ce sont de bons managers qui ont permis à leur société de croître et de se perfectionner avec le temps, l'un et l’autre ont joué un rôle déterminant dans la modernisation et la valorisation d'installations vétustes. En somme, ils sont des agents actifs de la mondialisation dans ces bons cotés comme dans les plus mauvais.  Ils se distinguent pourtant sur un point important: leur appartenance à des sphères géopolitiques très différentes. Si Mittal est peut être Indien, on peut être sur que sa société est Anglo-Saxonne, les marchées sur lesquelles elle évolue son conseil d'administration ses banquiers tous le confirme et le souligne. M Mordashov lui ne pouvait s'appuyer que sur un capitalisme russe encore fragile et sur une timide reconnaissance de la part des caciques de la vieille Europe (il est au conseil international de la Deutsch Bank et à celui de Lafarge).  Et à mon sens c'est la que s'est jouée la partie : les actionnaires Anglo-Saxon du groupe ont refusé de confier leur argent à un homme qui n'était ni de leur milieu ni de leur univers.Or l'intérêt de la France était de tout évidence de faire revivre l'alliance Franco - Russe tant il est évident que la gestion de la société serait de toute façon plus conforme aux intérêts de la France dans le cas ou un russe y occuperait une place déterminante. Chirac souvent décrié ne s'est pas trompé une seule seconde sur ce point et il a fait ce qu'il pouvait en sous main.

La rédaction 

Par La rédaction
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Vendredi 30 juin 2006

Consolidation et acquisition seront des mots à la mode pour encore longtemps en attendant que la hausse des taux ne rafraichisse les ardeurs.

J'ai dressé pour vous une petite liste des sociétés qui pourraient en toute logique faire l'objet d'une opération majeure d'ici peu.

- Vivendi : trop de bonnes choses dedans et trops de prédateurs de grandes tailles à commencer par vodafone pour SFR mais il y en beaucoup d'autres qui pourraient faire un raid juteux. La baisse du secteur télécom invite à la prudence ...

- Thomson : au train ou la société se réduit un équipementier télécom pourrait en faire ses choux gras, lorsque la société aura finie sa réorientation vers la distribution de contenus numériques.

- Vinci : les foncières et les concessionnaires Espagnoles doivent diversifier leur portefeuille d'actifs pour éviter que l'éclatement de la bulle immobilière Espagnole ne fasse trop de dégâts dans leur compte.

- Société Générale : trop grande et trop petite à la fois, privée d'actionnaires de référence elle pourrait faire les frais de la concentration dans le secteur banquaire , chevalier blanc désigné la BNP.

- Thalès : l'industrie militaire Européenne doit encore faire un pas de plus vers la concentration le partenaire désigné est Finmeccnica et l'on peut imaginer un "EADS" Franco Italien, une opportunité pour Gergorin ?

- Dexia : petite banque sur un marché prestigieux et rémunérateurs, deux détails qui n'auront échappés à personne, les belges ont botté en touche l'année dernière mais ils ne pourront pas le faire toujours ...

- Danone : la recherche d'une politique de croissance durable sur le model de Neslté suggère que la société est peut être encore trop petite. Le risque est donc latent.

- Schneider Electrique:  n'importe lequel des géants de l'industrie: Siemens ,GE ou encore Tyco pourrait être séduit ....si jamais les parrains de la société devaient lui faire faux bon alors sa position deviendrait fragile.

- Eiffage: il s'agit déjà d'une forteresse assiégée on attend avec intérêts les prochains rebondissements.

- Suez : peu de prédateurs potentiels (Rwe et Enel) mais un accident est si vite arrivé.

En définitive le CAC 40 pourrait fort bien se transformer en CAC 30 une perspective qui va encore faire monter le chômage du côté des grands patrons et des cadres exécutifs, ce n'est pas grave, ils pourront se mettre au blog pour commenter les aventures de leurs successeurs. 

Bien à vous La rédaction
 
Par La rédaction
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 3 juillet 2006


Vivendi: La valse hésitation d'une société de holding

Vivendi dispose de  liquidités, sa dette économique est inférieure à une année de cash flow, à moins de distribuer l'intégralité de ses revenus à ses actionnaires il y a donc de la place pour que la société procède à des acquisitions. Deux options se présentent, les annuaires de FT pourraient faire leur retour au sein du groupe (la CGE en avait déjà la propriété avant de les céder en 1998 à FT), dans le domaine de la  musique, des parts de marchés et de catalogues sont à vendre du coté de chez Betelsmann .

Tout bien considéré on peut se demander si ces deux choix ne sont pas neutres, au bout du compte c’est la capacité d’intégrer l’un et l’autre de ces produits  à l’offre telle peut être commercialisée par son réseau Télécom qui en fera une opération opportune. Sur ce point il semble que les ambitions de Vivendi sont au point mort  et c’est cela qu’il faudra clarifier vite.

Si jamais Vivendi entends rester sur son périmètre Français alors l’achat des pages jaunes pour conservateur qu’il paraisse sera le plus opportun. En revanche si la société veut se placer au niveau Européen sur l’échiquier des Télécoms alors la musique apportera en son temps des synergies et des produits adaptables facilement à un contexte international.

Or dans l’état actuel des choses le prix des opérateurs de télécom va baisser, leur marges sont attaquées et la 4G pointe le bout de son nez. Il est donc trop tôt pour acheter un opérateur dont le prix sera de toute façon élevé. En revanche la société peut préparer une telle acquisition en améliorant encore sa situation financière pour être apte à saisir les opportunités lorsqu’elles se présenteront, la vente des parts de NBCUniversal constituera un apport appréciable pour réduire le coût en dette d’une telle acquisition. Une telle stratégie pourrait très bien s’appuyer sur une position dominante dans la musique  et la gestion d'un catalogue de droits le plus complet possibles.

Donc même si les options, dans l’immédiat, sont équivalentes d’un strict point de vu financier, elles engagent l’avenir sur des chemins différents.

Peut être le moment est ‘il venu de demander conseil à M Messier ?

Bien à vous La rédaction


 

Par La rédaction
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 17 juillet 2006

Rosfnet

 On est en droit de s’interroger sur la signification exacte de l’introduction en bourse de la société d’état russe d’exploitation pétrolière Rosfnet.

Pour ce faire il convient de présenter rapidement la société et son historique, le périmètre de la société à littéralement explosé avec l’absorption des actifs confisqués à Yukos.

 En 2005 elle est parvenue à un chiffre d’affaire de 7 milliards de dollars sur le premier trimestre 2006, au  regard des critères de tailles concernant les compagnies pétrolières, il s’agit donc d’une junior. La société dégagerait 6 milliards de dollars de résultats nets par an (résultats q1 2006 annualisés) l’état russe devrait prélever dans les 15 milliards de dollars de droits d’accises et de taxes diverses. Il faut d’ailleurs signaler que Lukoil  la compagnie russe n° 1 est  d’ores et déjà une compagnie majeure (elle pèse plus de deux fois Rosfnet en termes de chiffre d’affaire). Rosfnet  doit mener une politique ambitieuse d’exploration production et raffinage,  ces réserves ont chutées cette année !

 Or l’état Russe dispose de finances saines en ce moment il n’a donc pas besoin de toucher aussi le bénéfice de la compagnie dont le montant peut être consacré aux investissements. On peut donc s’interroger légitimement sur la raison qui pousse l’état russe à introduire Rosfnet en bourse et à vendre une partie du capital.

 Bien sur il ne faut négliger l’aspect cosmétique d’une telle opération qui fait du bruit dans les médias et donne quelques signes d’ouverture. Sur le fond, on peut constater que l’action a surtout été achetée par BP et Sinopec. Dans la mesure où ces deux compagnies n’ont pas grand-chose à attendre d’une participation minoritaire à un groupe d’état russe on peut se douter qu’elles n’ont pas investi pour des raisons financières.  Plus probablement doit on penser que le succès de ces compagnie lors de l’attribution de lots d’exploitation  était en partie conditionné par l’achat de titre Rosfnet et de la même façon on peut se douter que la compagnie investira les sommes levées dans des opérations conjointes avec les compagnies susnommées.

 

 

 

 

 

 

 

 

L’introduction à donc une signification paradoxale l’état Russe maintient fermement en sa main l’exploitation pétrolière en Russie mais il est tout de même obligé de faire appel non pas à des investissements étranger dont il n’a pas besoin mais à l’expertise technique et aux ressources humaines de groupes étrangers. Dans le cas présent le moins que l’on puisse dire c’est que leur action sera « encadrée ». Il est manifeste que le choix des opérateurs (un Britannique et un Chinois) est un geste politique. Mais il ne faut pas perdre de vue que ces deux compagnies étaient peut être les plus demandeuses  (Sinopec doit alimenter le marché Chinois et BP doit reconstituer d’urgence ces réserves). Il reste à espérer pour les uns et les autres que les trouvailles seront à la mesure des sommes investies. Le paysage russe est désormais structuré autour de six  compagnies exploitant du pétrole et du gaz : Gazprom,  Surgutneftegas, TNK-BP  Lukoil, Rosfnet, Taftnet. Deux d’entre elles sont entre les mains de l’état (Gazprom et Rosfnet).

 Etant donné le nombre élevé de compagnies il y a fort à parier que la concentration va continuer et de toute évidence Gazprom a les moyens et l’envie d’acquérir de nouvelles compagnies, cela lui permettrait de devenir une compagnie généraliste au niveau mondial.

 

Bien à vous

 http://www.gazprom.ru/eng/articles/article20163.shtml

 

http://www.surgutneftegas.ru/eng/parameters.xpml

http://www.lukoil.com/

http://www.tatneft.ru/eng/

http://www.rosneft.com/english/

http://www.tnk-bp.com/

 

Par La rédaction
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mardi 18 juillet 2006


Une société en très forte croissance

Le chiffre d'affaire a explosé de presque trois cents pourcents en trois ans ( 2168 millions de dollars à 6508 ) moyennant une relative augmentation de la dette qui dépasse les 1700 millionds de dollars.

L'ebitda a été de l'ordre de 1860 milliards de dollars ce qui relativise le poids de la dette.

La politique de croissance du groupe a semble t'il été surtout axée sur l'achat de mines de fer de façon à assurer l'aprovisionnement dans un contexte que l'on sait un peu "tendu" en ce moment.

La société n'a pour l'instant pas eu une politique de croissance très affirmée en dehors des frontières de l'ancienne union Soviétique. Pourtant il y des signes qui ne trompent pas sur son ambition de jouer un rôle à l'avenir dans la recomposition du secteur.

Certains soulignet que l'arrivée de Roman Abramovitch au capital est peut être le signal que les grandes manoeuvres ne vont pas tarder à commencer.


Une communication excellente pour un groupe Russe et une gouvernance étonnante


Et oui, contrairement à Severstal dont le site corporatif en Anglais était catastrophique avant de s'améliorer un peu lorsque la société à fait son offre sur Arcelor, la société Evraz (cotation sur les marchés boursier occidenteaux oblige) dispose d'un d'ores et déja d'un de outil de communication presque correcte.

La gouvernance est à l'avenant puisqu'ils ont réssi à inviter deux Anglais et un Italien à la table du conseil d'administration. Manifestement Evraz Group soigne sa présentation sociale et se construit une image de groupe tranparent et efficace (les présentation de l'activité sont de bonne qualité, une chose rare pour les groupes Russes).

Des ambitions à venir

Il est bien évident que tout cela sert un but évident améliorer l'image de la société pour ne pas être désavantagé lors d'opérations d'acquisition externes comme l'a été Severstal lors de l'affaire Arcelor.

Les outils mis en oeuvre montrent que les Russes ont compris qu'en affaire comme ailleurs la communication joue un rôle de tout premier plan. Es perons qu'ils n'oublieront pas les résultats en route.

La rédaction


 

Par La rédaction
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus